Ce soir, j'ai envie d'écrire pour toi. A nouveau. Parce que, finallement, rien ne s'est brisé, comme je le croyais. Tout s'est simplement arrêté, l'histoire est mise en suspens, dans une bulle, protegée de cette anarchie sentimentale qui règne encore entre nous.
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On va rejouer la vie à l'envers, je fumerai la pipe et porterai des costards à la George Sand, et toi tu mettras des robes. Roses, violettes, bleues, jaunes, vertes, rouges, oranges, toutes celles que tu voudras.
Je nous vois, dans un jardin, au bord d'un étang. Les arbres projettent leurs ombres bienveillantes sur ton visage souriant, tandis que nous courrons dans les herbes hautes.
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Paysage urbain, une femme court dans les rues sombres et nues de la banlieue, le soir. Elle a de longs cheveux noirs et ondulés, qui valsent dans sa nuque au rythme de sa course. On dirait qu'elle est poursuivie. Nous, nous la regardons du haut d'un immeuble, assis sur le toit. Distants, nous constatons. Et c'est tout.
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Vie, les rues sont plus accueillantes le jour, plus belles la nuit. Que choisir alors, la beauté ou la sécurité.
Malheureusement, c'est souvent ce second choix qui nous appelle. La beauté n'est pas une sécurité, c'est un déséquilibre, un instant. Il faut savoir mourir pour l'entrevoir, et respirer pour la laisser repartir. La beauté est un papillon doré qui nous glisse entre les doigts, une eau divine qui sert de liqueur aux annéantis.



